Strasbourg | Animation estivale

Quatorze équipages testent les limites de la poussée d’Archimède

La désormais traditionnelle course de baignoire a réuni quatorze équipes sur la presqu’île Malraux ce dimanche. Une épreuve déjantée où les concurrents s’affrontent sur des embarcations faites de bric et de broc.


Chaque embarcation est fabriquée à partir de bidons en guise de flotteurs, et d’une baignoire.
Photo DNA /Maksym TOUSSAINT

Qui de la pirogue tahitienne, du « Cagette-palette Pearl », de la diligence aquatique tirée par Jolly Jumper ou de toutes les autres embarcations loufoques remportera le trophée Archimède ? Impossible d’établir un quelconque pronostic avant le début de la course de baignoires ce dimanche à la presqu’île Malraux, tant le potentiel de ces objets flottants non identifiés relève de l’inconnu.

Une course et une certaine créativité

Pas un seul n’a encore été expérimenté, la flottaison est théorique. Comme le veulent les règles mises en place par l’Association des résidents de l’Esplanade (ARES), qui organise cet événement depuis 2011, chaque équipe a reçu une baignoire et des bidons flottants, censés servir à la constitution d’un radeau. Une base à partir de laquelle les participants ont pu exprimer leur créativité. Certaines embarcations semblent tenir compte des règles d’aérodynamisme et de prise avec l’eau, comme le catamaran élaboré par Benjamin Westerfeld pour son groupe de copains : « Je suis moniteur de voile à Plobsheim, ce qui fait que j’avais pas mal de matos à disposition », explique-t-il. D’autres sont plus expérimentales, à l’image de la pirogue de l’US Foot de Ittenheim, constituée de deux parties reliées par des planches : les bidons d’un côté, la baignoire de l’autre. « Nous avons gagné deux fois depuis la première édition, relate Nicolas Thurnherr, le gardien de l’équipe des vétérans du club. Donc on s’est dit qu’il fallait essayer des choses nouvelles ».

Le principe de la poussée d’Archimède est calculé à la louche : « Ce sont des maths de l’à peu près », confesse Gaëlle, de l’équipage du « Be Honey ». Pour la répartition des postes, l’équipage a déjà un schéma très précis en tête : « On va mettre les gros derrières, il y a des bidons supplémentaires. Et moi au milieu, qui bat la cadence » pouffe la jeune femme. Qu’importe, la victoire est secondaire : « L’important, c’est que ce soit notre cœur qui parle, même si on finit à moitié à la nage, s’emballe Corentin Schickler, de l’équipe des animateurs de l’ARES. On est derniers chaque année depuis 9 ans, on vise l’avant-dernière place ».

Nouveau record : dix secondes de flottaison

Quatorze embarcations se présentent sur la ligne de départ dans le bassin d’Austerlitz, mais seules treize partent vraiment : à peine baptisé au contact de l’eau, le radeau « Roger », disloqué, doit recevoir les derniers sacrements. Son équipage est contraint de regagner la berge, à la nage. « Un nouveau record vient d’être établi : dix secondes de flottaison ! » taquine le commentateur au micro. Le Taitt’ti tangue lui aussi, ses occupants tombent deux fois à l’eau mais, braves marins, ils persistent et réussissent à répartir leurs poids pour que la pirogue prenne le large.

Une fois les baignoires en ligne, le top départ est donné. La clameur du public, massé sur les quais et la passerelle, encourage les rameurs. Dès les premiers mètres, le catamaran prend la tête talonné par l’EPIDE. Au virage près de la bouée gonflable, ils forment un peloton de tête avec le Country club. Après un passage sous la passerelle, les embarcations longent la médiathèque puis doivent faire demi-tour. Le catamaran faiblit quelques mètres avant l’arrivée ce qui permet à la diligence du Country club et l’EPIDE de lui passer devant. Tant bien que mal, les autres embarcations franchissent la ligne d’arrivée. Au total, tous auront passé une bonne vingtaine de minutes à pagayer à un rythme effréné : une participante a d’ailleurs dû être prise en charge par les secours à l’arrivée.

Victorieux, l’équipage du Country club n’en revient pas : « On n’avait pas trop le moral en voyant qu’il y avait autant de jeunes, s’amuse Daniel Schosseler, leur capitaine. On a prouvé qu’on assurait encore malgré l’âge et que, la country, ce n’est pas que dans les jambes ! »

© Dernières Nouvelles d’Alsace, lundi 8 juillety 2019. – Tous droits de reproduction réservés

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