Strasbourg

Chantier Ophéa à l’Esplanade : bientôt le bout du tunnel

Démarrée au printemps 2019, la réhabilitation des 743 logements d’Ophéa à l’Esplanade se poursuit… Dans la douleur, parfois, pour des habitants contraints de composer avec les lourdes contraintes d’un chantier XXL mené en site occupé.

Démarrée au printemps 2019, la réhabilitation énergétique des immeubles Ophéa de l’Esplanade entre dans sa quatrième et dernière phase.  Photo DNA /Jean-Christophe DORN1 /3
Au total, 738 appartements et cinq pavillons individuels sont rénovés à la faveur de cette opération.  Photo DNA /Jean-Christophe DORN2 /3
À l’Esplanade, 2 970 locataires sont concernés par les travaux.  Photo DNA /Jean-Christophe DORN3 /3

Sept cent trente-huit appartements et cinq pavillons individuels rénovés ; plus de deux ans de travaux ; pas moins de 52 millions d’euros investis, soit une enveloppe de 70 000 € par logement : le chantier de réhabilitation Ophéa, à l’Esplanade, a de quoi donner le tournis ! C’est aussi la plus grosse opération engagée à ce jour sur le patrimoine du bailleur , qui comporte au total quelque 20 000 logements sur toute l’Eurométropole.

Pour la deuxième tranche, réceptionnée début 2021, « ce sont pas moins de 3400 réserves qui ont été déposées, pour 80 % d’entre elles déjà levées ». Photo DNA /Jean-Christophe DORN1 /2
160 ouvriers sont en permanence sur le chantier. Photo DNA /Jean-Christophe DORN2 /2

2 970 locataires concernés

Dans le quartier, 2 970 locataires sont concernés par les travaux. Chez qui, à terme, pas moins de 63 000 m² de façades auront été rénovés, 4 453 fenêtres changées, 3 600 m² de maçonnerie réalisés et 4,35 kilomètres de garde-corps posés – soit la distance entre l’Esplanade et Illkirch-Graffenstaden. Au quotidien, les interventions concernent en permanence 40 logements, tous corps d’état confondus. Elles durent en moyenne 20 jours – pas consécutifs, loin de là, ce qui a le don d’agacer des locataires contraints de composer avec les contraintes parfois très lourdes d’un chantier en site occupé. Un locataire du 19, rue de Milan, chez qui les premiers travaux d’électricité ont été menés le 14 septembre dernier, aura par exemple dû patienter jusqu’au 13 janvier, soit quatre mois, pour la réception des travaux. Entre-temps, il aura revu les ouvriers à sept reprises, pour la préparation et le changement des colonnes, les travaux dans la salle de bains, la menuiserie extérieure, la peinture…

Confié à Bouygues Bâtiment Nord Est, ce chantier titanesque est « encadré en permanence par sept à huit conducteurs de travaux et deux chargées de relations résidents », précise le directeur régional de BBNE, Julien Antoine. Elles répondent chaque jour à quelque « 130 coups de fil » (parfois énervés), sans compter les courriels qui arrivent à l’adresse mail dédiée. 17 entreprises sous-traitantes interviennent par ailleurs sur le chantier, « pour 80 % alsaciennes et 90 % du Grand Est, avec zéro entreprise étrangère , et 160 ouvriers sont présents en permanence sur le chantier », insiste Julien Antoine. Il met aussi en avant les heures d’insertion réalisées : près de 15 000 déjà, à date du 30 avril dernier.

Julien Antoine, directeur régional de BBNE. Photo DNA /Jean-Christophe DORN1 /2
Le directeur général d’Ophéa, Jean-Bernard Dambier. Photo DNA /Jean-Christophe DORN

Réduire la facture énergétique

Démarré au printemps 2019, scindé en quatre tranches, le chantier de réhabilitation et de résidentialisation de cet ensemble d’immeubles construit en 1962 et 1964 a pour principal objectif la rénovation thermique des bâtiments et la réduction de la facture énergétique, « avec un passage escompté d’un classement D à un classement B, soit de 223 kWh/m²/an à 72 kWh/m²/an », détaille le directeur général d’Ophéa, Jean-Bernard Dambier. Cela passe par le changement des fenêtres, l’isolation thermique par l’extérieur, la réfection des toitures, le raccordement à la chaufferie collective. Le bailleur a ajouté le traitement de l’ensemble des installations sanitaires, vétustes, et la rénovation des salles de bains, « une demande des locataires lors de la concertation ». Le remplacement de l’ensemble des conduits et réseaux est aussi au programme ; comme le changement des portes palières, la vidéophonie, la rénovation des halls et entrées d’immeuble, l’installation d’arceaux à vélos… Le tout devant se faire « dans le cadre d’une hausse des loyers maîtrisée, autour de 20 à 30 € par quittance », précise Jean-Bernard Dambier.

3 400 réserves à lever pour la deuxième tranche

Toutes les bonnes (comme les mauvaises) choses ayant une fin, le chantier, qui avait démarré dans la douleur rues de Palerme et de Milan et avait dû être arrêté de mi-mars à mi-mai 2020 en raison des circonstances sanitaires, est entré dans sa quatrième et dernière phase. Les tranches 1 et 2 ont déjà été réceptionnées, même s’il reste encore parfois quelques réserves à lever. « Sur la première tranche, on avait pris la foudre ! » concède Jean-Bernard Dambier, qui précise néanmoins qu’après coup, les enquêtes de satisfaction réalisées montrent que globalement, les locataires sont « plutôt satisfaits, voire très satisfaits ». « Nous invitons les locataires à signaler tout ce qui ne va pas, pour que la maîtrise d’œuvre puisse repasser derrière et régler les problèmes qui subsistent », insiste-t-il. Pas sûr qu’il soit nécessaire de le rappeler… Pour la deuxième tranche, réceptionnée début 2021, « ce sont pas moins de 3 400 réserves qui ont été déposées, pour 80 % d’entre elles déjà levées. Cela va du carreau de carrelage cassé au raccord de peinture et aux prises défaillantes, en passant par le réglage des fenêtres et le rebouchage des trous », détaille-t-on chez Bouygues.

La troisième phase se termine, elle aussi. Elle concerne les entrées des 15, 17, 19, rue de Milan, 21, 23 et 25 rue d’Istanbul et les 2 et 4, rue de Nicosie, où seuls quelques appartements « à l’accès compliqué » posent encore problème, le refus d’ouvrir des uns pénalisant en l’occurrence souvent les autres. Quant à la quatrième tranche, qui concerne encore 165 logements sur trois entrées d’immeuble rue d’Ankara et six autres rue d’Istanbul, elle a démarré dans la foulée, l’objectif étant que tout soit terminé d’ici la fin 2021. « Enfin ! » Bailleur, locataires et maître d’œuvre s’accorderont au moins sur ce point…

Par Valérie WALCH

© Dernières Nouvelles d’Alsace, jeudi 12 août 2021. – Tous droits de reproduction réservés