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Un quartier collaboratif ?

II y a du changement dans l’air au centre socioculturel de l’Esplanade. Claude Gassmann s’apprête à quitter la présidence et le nouveau projet social s’inscrit dans le cadre de l’économie sociale et solidaire.

Avec l’ARES, l’économie sociale et solidaire veut s’inviter au pied des tours. Photo archives DNA — Michel Frison

Claude Gassmann ne sera plus président de l’association des résidents de [‘Esplanade (ARES) à l’issue de l’assemblée générale du 25 avril. « De nouveaux administrateurs seront désignés et le comité de direction élira un nouveau président début mai », précise le directeur de l’ARES, Marc Philibert, qui rend hommage à celui qui, près de 20 ans durant, a œuvré pour le centre socioculturel. Ce ne sera que le début du changement. Comme tous les quatre ans, l’ARES doit en effet réécrire son projet social, sésame indispensable pour obtenir l’agrément de la Caisse d’allocations familiales et les subventions qui vont avec.

« Sortir de la verticalité du fonctionnement associatif »

« La structure de service fonctionne très bien, tant pour l’accueil des enfants que pour les activités culturelles ou les loisirs. A côté de cela, l’ARES (née en 1964) est aussi une association citoyenne, qui doit être en phase avec l’air du temps », estime Marc Philibert. Ledit air étant à l’économie sociale et solidaire, c’est cet axe que le centre socioculturel (CSC) développera dans son projet social 2018-2022. « Avec l’idée de mobiliser les Esplanadiens autour de projets autres que le réseau de chaleur et les tours… »

L’ARES mise déjà sur les circuits courts en accueillant depuis plusieurs années les distributions de « La ruche qui dit oui ». Le CSC est également à l’origine du VRAC (Vers un réseau d’achat en commun). Ce dispositif de commandes groupées vient de déboucher sur une association, dont l’AG constitutive s’est tenue la semaine dernière et qui a déjà essaimé à Illkirch-Graffenstaden et au Neuhof. Une réflexion est aussi en cours sur l’usage des espaces verts collectifs. « Pourquoi ne pas imaginer, à la place du gazon au pied des immeubles, des potagers urbains générateurs de lien social ? » propose le directeur. Ou se rapprocher de l’Accorderie et mutualiser les savoir-faire et les matériels ? La question du bien vieillir est aussi centrale dans ce quartier. Autant de domaines dans lesquels il y a tout ou presque à inventer.

L’idée est de faire de l’Esplanade un quartier « collaboratif ». Et de travailler durant toute l’année 2017 pour y parvenir avec une consultante spécialiste de la question, Adeline Schwander. « Une révélatrice de super-pouvoirs qui va nous amener les outils », résume Marc Philibert. En janvier, la centaine de salariés de l’ARES a été formée à « sortir de la verticalité du fonctionnement associatif ». En février, c’est la mobilisation des 180 bénévoles actifs et des habitants qui a démarré. Une plateforme collaborative sera également mise en place sur le site de l’ARES. On y retrouvera les comptes rendus des ateliers, avec possibilité de réagir en ligne. « Ce sera aussi un support pour sonder les gens en direct, afin de valider les idées au fur et à mesure », explique Marc Philibert. Une banque de données en open source devrait même être mise en ligne, en lien avec l’Université.

Avril, mai et juin seront mis à profit pour un grand « brainstorming », et toutes les manifestations seront désormais aussi prétexte à exposer ses idées sur des panneaux de libre expression.

« Modifier l’ADN »

Ce samedi 1er avril, une rencontre avec les habitants est organisée de 9h à 13h dans les locaux de l’ARES (Note de l’ARES : le lieu est au centre commercial, cour de Cambridge), en lien avec Start -Up de territoire. Chacun est invité à y phosphorer autour des énergies renouvelables, du recyclage, de la santé, de l’aide aux personnes âgées ou des nouveaux services à amener dans le quartier. « Nous sommes ouverts à toutes les énergies ! », résume l’invitation.

Le dernier trimestre de l’année sera dédié à la compilation de cette riche matière première, à la priorisation des choix et à la rédaction des « fiches action ». Le nouveau projet social doit être bouclé pour avril 2018. « D’ici là, il faut métaboliser la méthode ; modifier l’ADN de l’ARES, pour y ancrer en profondeur cette manière de travailler ouverte et participative », conclut Marc Philibert. II sait déjà que « ça ne sera pas facile, parce que ça bouscule et que ça implique de requestionner le modèle ». Mais à cœur vaillant rien d’impossible, surtout dans le domaine du social.

Rencontre avec les habitants ce samedi 1er avril de 9h à 13h à l’ARES, 10 rue d’Ankara (Note de l’ARES : le lieu est au centre commercial, cour de Cambridge). Ouvert à tous. Renseignements au 03 88 61 63 82, contact@ares-actif.fr

© Dernières Nouvelles d’Alsace, mercredi 29 mars 2017. – Tous droits de reproduction réservés