ESPLANADE – Municipales 2020

Strasbourg: au World café, le cahier de doléances fait le plein

Les « World cafés », tables rondes thématiques proposées dans le cadre des élections municipales par la Fédération des centres socioculturels du Bas-Rhin, faisaient mardi escale à l’ARES, avant un dernier rendez-vous prévu ce jeudi à Hautepierre. Habitants de l’Esplanade, du quartier Vauban et du Port-du-Rhin étaient invités à faire remonter leurs doléances et leurs idées aux candidats à la mairie.


Plus d’une centaine de personnes participaient mardi soir au World café proposé à l’ARES.  Photo DNA /Cédric JOUBERT

120 personnes pour cinq tables, le tout dans une seule pièce – fût-elle spacieuse —, l’exercice est forcément compliqué. D’autant que toutes les quinze minutes chrono, tout ce beau monde pouvait (ou non) permuter ses places, histoire de balayer les différentes thématiques de ce « think tank » citoyen, où il était aussi bien question d’enfance que de cadre de vie, de handicap ou de quartier rêvé. Mardi soir à l’ARES, l’étape esplanadienne des World cafés s’est déroulée dans une ambiance (très) bruyante, mais plutôt courtoise. Au soulagement palpable de Marc Philibert, maître des lieux – en tant que directeur de l’ARES-, mais aussi numéro 5 sur la liste d’Alain Fontanel (LREM). Très en retrait, c’est à peine si celui qui a préféré « s’éclipser en cuisine » a relevé le furtif coup de sifflet provenant de la salle qui a ponctué la présentation de sa tête de liste lors du tour de table introductif.

Sur la forme, comme à La Robertsau quelques jours plus tôt (DNA du 8 février), toutes les têtes de liste n’étaient pas présentes, ou pas toute la soirée. Certaines se sont annoncées, mais n’étaient toujours pas arrivées à 20 h, à l’image de Jean-Philippe Vetter (LR). D’autres se sont rapidement éclipsées, à l’instar d’Alain Fontanel, « attendu pour une réunion d’appartement à Hautepierre ». D’autres encore s’étaient fait représenter, comme la candidate écologiste Jeanne Barseghian, remplacée par Alain Jund, ou Kévin Loquais (Strasbourg en commun), qui avait cédé sa place à Améris Amblard. Catherine Trautmann (PS) a suivi l’intégralité des débats. Côté têtes de liste encore, Chantal Cutajar (Citoyens engagés), Patrick Arbogast (Égalité active), Pascale Hirn (UPR) et Isabelle Wendling (NPA) complétaient le casting.

Comment revaloriser l’image du quartier ?

Mais la raison d’être des World cafés, c’est d’abord d’offrir une tribune aux habitants. Ils étaient nombreux, mardi, à relayer leurs doléances, nombreuses elles aussi. La table dédiée à l’environnement et au cadre de vie a donné à des riverains de la rue de Palerme l’occasion de critiquer vertement la rénovation en cours des 743 logements du bailleur Ophéa. « On sert de cobayes ! » s’énerve une habitante, excédée. D’autres se demandent « comment revaloriser l’image du quartier, qui s’est complètement dégradée ces dernières années ». La faute aux trafics, à un centre commercial en déshérence, à des logements privés où le montant des charges fait figure de repoussoir, « avec pour conséquence des prix à la revente en chute libre. Aujourd’hui, on est à moins de 2000 € du mètre carré ; ça devient catastrophique. À Neudorf ou à la Krutenau, les logements valent le double ! » se désespère une femme qui habite le quartier depuis 40 ans.

Quid de la place des piétons, des rats « qui gambadent en plein jour dans les buissons devant la Fac de droit », des poubelles sous-dimensionnées et de la prolifération des fast-foods rue de Rome ? « Ne pourrait-on pas au moins les responsabiliser pour qu’on arrête de trouver des papiers gras partout ? » Un autre se demande où, à l’Esplanade, trouver une borne pour recharger son véhicule électrique. Développer le compostage, se pencher sur la qualité de l’eau du parc de la Citadelle — « c’est devenu un cloaque, ce qui a fait fuir les cygnes, les canards blancs et les poissons », peste une habituée —, installer plus de bancs ; autant d’autres pistes pour améliorer la qualité de vie des habitants, quel que soit leur âge.

À quand un nouveau centre socioculturel au Port-du-Rhin ?

Pallier le manque d’AVS pour accompagner les enfants en situation de handicap dans les écoles du quartier, au nom de l’égalité des chances, développer la mixité sociale dans les classes internationales, se pencher sur les difficultés des collégiens à trouver des stages de 3e — « pourquoi ne pas créer une sorte de bourse ? », suggère quelqu’un —, mieux articuler formation et emploi, mais aussi Éducation nationale et monde de l’entreprise, ont été autant d’autres thèmes abordés. Un groupe de femmes du Port-du-Rhin a demandé des nouvelles du nouveau centre socioculturel « qu’on [nous] promet depuis des années, mais dont la première pierre n’est toujours pas posée ! » — et a pointé le manque d’équipements publics dans ce quartier. Un habitant des Poteries était venu parler des rodéos nocturnes qui pourrissent l’ambiance, chez lui comme ailleurs… Des discussions riches, animées, que la promiscuité et la concentration de doléances au mètre carré rendaient parfois difficile à suivre. Mais c’est là sans doute l’une des limites de l’exercice.

© Dernières Nouvelles d’Alsace, jeudi 20 février 2020. – Tous droits de reproduction réservés

Esplanade – Fête

Avec l’ARES, c’est Noël avant l’heure

L’Association des Résidents du quartier de l’Esplanade (ARES) a invité ce samedi à sa fête de Noël.


L’association « Mon petit nid » était présente pour présenter leurs actions et récolter des fonds en tenant une buvette.
Photo DNA

Artistes, musiciens, jongleurs : les enfants ont pu assister à de nombreuses représentations pendant toute l’après-midi
Photo DNA /Alexis TAUBE–LE GUERN

Fanfare, chorale, maquillage et jeux : les habitants de l’Esplanade ont pu profiter ce samedi de la fête de Noël de l’ARES.

Un des temps forts de cette journée était la remise du prix des balcons lumineux. L’idée est simple : récompenser l’habitante ou l’habitant qui aura le mieux décoré son balcon. Et cette année, c’est Jeanne Wendling qui a remporté le premier prix. Cette grande fan de Johnny Hallyday a recréé un véritable village de Noël sur son balcon, en y glissant quelques rappels à son chanteur tant aimé, avec pour but de « préserver au mieux l’esprit de Noël » qui est très important pour elle.

Sur l’événement, on trouve plusieurs stands, comme celui de Zakia El Wahabi, présidente de l’association « Mon petit nid » qui accompagne les jeunes et futures mamans du quartier en leur proposant des séances de sport ou encore de l’aide administrative. C’est aussi ça l’objectif de cette journée : mettre en lumière des initiatives locales, pour que les habitants puissent ensuite en bénéficier.

Une volonté politique qui se transforme en tradition locale

Ce projet, initié l’an dernier par Nicolas Matt, conseiller municipal en charge du quartier, avait pour objectif de fédérer l’ARES, la Ville de Strasbourg, mais aussi et surtout les associations de quartier autour d’un objectif commun. Cette action s’inscrit dans une volonté de l’élu qui est de « retrouver un vrai esprit de quartier », et de redonner envie aux gens de se rencontrer et de vivre ensemble. C’est donc pour cela que d’autres événements ont eu lieu, comme l’inauguration du sapin de la place de Zurich décoré par les enfants du quartier, ou encore l’installation temporaire d’un manège sur la place de l’Esplanade.

© Dernières Nouvelles d’Alsace, mardi 17 décembre  2019. – Tous droits de reproduction réservés

Exposition – À l’ARES à Strasbourg

Œuvres de Danièle Schiffmann


Une création de Danièle Schiffmann.  Document remis

Danièle Schiffmann présente de foisonnantes séries de subtils monotypes réalisés par inclusions d’élément végétaux : feuilles, fleurs, graines, tiges et écorces. Des œuvres qui s’inscrivent dans un rapport méditatif à la nature et se saisissent de l’observation des mystères et beautés de la vie des plantes.

Jusqu’au 20 décembre 2019, de 9 h à 20 h, œuvres de Danièle Schiffmann, à l’ARES, 10, rue d’Ankara à Strasbourg. Gratuit.

© Dernières Nouvelles d’Alsace, jeudi 5 septembre  2019. – Tous droits de reproduction réservés

ESPLANADE | Au centre socioculturel de l’ARES

La Maison Théâtre reconduite au Tambourin

Une convention de cinq ans est reconduite entre la Maison Théâtre fondée par le comédien pédagogue Laurent Bénichou, et l’ARES. Dans une salle du Tambourin rafraîchie, la nouvelle saison propose des ateliers de théâtre ludiques où circule la parole d’auteurs, de comédiens dans l’écoute des pratiquants. Zoom.


L’en-jeu citoyen de la pratique du théâtre autour de textes contemporains. Photo Chloé Gendre

« On a un peu réussi notre pari ». Comédien, metteur en scène, fondateur et directeur de la Maison Théâtre, Laurent Bénichou garde la tête froide. Cinq ans après l’installation au sein du centre socioculturel de l’ARES, à l’Esplanade, sa structure a trouvé « son rythme de croisière ». Près de 125 participants, de 7 ans jusqu’à 77 ans, suivent à l’année les divers stages d’initiation à la pratique théâtrale (aux tarifs modestes). Au sein de l’écosystème culturel de l’Eurométropole, la Maison Théâtre a enfin trouvé sa place et renoncé à la diffusion.

Qu’est-ce qui distingue les ateliers de la Maison théâtre d’autres structures ? La place d’auteurs contemporains, la constitution d’un répertoire de textes singuliers écrits pour la pratique et l’espace d’échanges entre comédiens, participants et auteurs qu’ouvre Laurent Bénichou. « On est dans le bain de la création », affirme-t-il.

Résidences d’écritures dans la Cité Spach

Ce dernier l’a souvent dit, il s’agit d’une « fabrique de citoyenneté », aussi les questions de liberté, d’identité, de territoire animent-elles, les commandes d’écriture passées par la Maison Théâtre. Pour la présentation des stages enfants et adolescents, la reprise d’ Anissa de Céline Bernard est annoncée ce vendredi 30 août. Dans la salle du Tambourin rafraîchie — les garnitures des sièges des gradins ont été refaites, les murs ont été repeints de couleur sombre, l’équipement en sons et lumières modernisé —, ils sont dix-sept apprentis acteurs sur scène à porter l’histoire d’adolescents dont celle d’Anissa, une immigrée africaine qui est forcée de quitter le territoire parce qu’un médecin la juge majeure. Le groupe de lycéens s’interroge : faut-il lutter ?

Dans une langue poétique et pleine de vérités, portée par un chœur de jeunes qui joue tous les personnages du récit, l’autrice explore les défis et les doutes auxquels sont confrontés ces adolescents. À travers ces fragments de vies, elle montre la solidarité, l’amour et le courage dont ils peuvent faire preuve face à une situation tellement actuelle.

La Maison Théâtre poursuit ses résidences d’écriture ; après Christophe TostainSébastien Joanniez, c’est Sabine Tamisier qui va investir la Cité Spach.

« L’économie reste fragile »

La pièce de Joanniez écrite entre Strasbourg et Clermont-Ferrand, Mieux m’attend , mise en scène par le directeur de la Maison Théâtre, sera jouée au printemps prochain au Théâtre du Pélican dans la cité clermontoise. Un réseau de partenaires spécialisés dans la transmission, la formation d’artistes-pédagogues se tisse à l’échelle de l’Alsace. Avec Les Sentiers de théâtre, la Maison des arts à Lingolsheim, le théâtre de Bouxwiller, etc. des synergies sont à inventer… La Maison Théâtre veut s’affirmer comme lieu ressource, un positionnement qui pourrait lui valoir une reconnaissance de la ville de Strasbourg et du Conseil départemental du Bas-Rhin, à travers un conventionnement de trois ans.

Pour la rentrée prochaine, on retrouve parmi les intervenants les complices habituels — Pascale Lesquesne, Jenny Macquart —, et Laurent Bénichou, devenu permanent de la Maison Théâtre. D’une 1 h 30 à 2 h, sept ateliers sont proposés aux enfants de 7 à 14 ans et cinq pour les adultes. La 11e édition de Faites du théâtre, prévue en novembre convie huit auteurs autour de « Liberté, égalité… les devises pour une humanité » ; des chantiers, rencontres et cabarets qui font la singularité de la manifestation.

« On reconduit la convention de cinq ans avec la Maison Théâtre, parce que cela fonctionne, reconnaît Marc Philibert, directeur de l’ARES. Sur ces cinq dernières années, on a investi près de 30 000 € pour le Tambourin qui est aujourd’hui identifié comme un théâtre de pratique artistique (théâtre et clown, N.D.L.R.), c’est aussi un lieu de réflexion. C’est notre ambition, d’amener la ville de Strasbourg à soutenir cet enseignement des arts vivants comme celui dont bénéficie la musique car l’économie reste fragile ; on n’est pas sur quelque chose de sécurisé ».

Ce vendredi 30 août à partir de 18 h, au Théâtre du Tambourin, 10 rue d’Ankara. Sur réservation au 03 88 61 07 30 ou reservation@lamaisontheatre.eu

© Dernières Nouvelles d’Alsace, vendredi 30 août  2019. – Tous droits de reproduction réservés