Strasbourg Esplanade :

Fabien Urbes, nouveau directeur de l’ARES

Après deux mois de passage de témoin avec son prédécesseur, Marc Philibert, Fabien Urbes a pris, début juillet, la direction du centre socioculturel de l’ARES, à l’Esplanade. Portrait, à la veille d’une nouvelle saison encore un rien dans le flou.


Sportif, brasseur amateur, marié et père de deux enfants, Fabien Urbes, 46 ans,
succède à Marc Philibert à la direction de l’ARES. Photo DNA /Franck KOB

Pas simple de remplacer un directeur en poste depuis 20 ans… Après le départ à la retraite de Marc Philibert, fin juin , Fabien Urbes a attendu quelques jours pour investir son bureau, à l’ARES. Il fallait ça pour s’y sentir à l’aise. Par respect pour son prédécesseur, sans doute ; le temps, aussi, de prendre toute la mesure du poste et d’endosser ce nouveau rôle. En ce début août, le Picard de 46 ans a finalisé son atterrissage, abordé en douceur début mai, l’ARES ayant (chose rare) prévu deux mois de « filage » pour le passage de témoin.
Fabien Urbes en sait gré à la structure et à son prédécesseur, « qui a été d’une honnêteté totale. Ça nous a permis d’évoquer ensemble les différents aspects du poste et d’aborder tous les dossiers, y compris les plus épineux, en toute transparence. C’est rassurant, pour moi, comme pour l’équipe et l’association. » D’autant que Fabien Urbes prend à l’ARES son premier poste de direction. D’ailleurs, il lui arrive encore de décrocher son téléphone pour appeler « la hotline ».
Dix-huit ans à Saverne
Originaire de Picardie, issu « d’une famille de terriens » actifs dans l’agriculture d’un côté, la viticulture de l’autre, il a commencé par des études de droit. Puis il a été rattrapé par son service militaire – « dernier contingent à partir, en 1996  »-, avant de travailler un temps dans les assurances. « Mais j’ai très vite compris que ce n’était pas fait pour moi  », résume celui qui a profité d’un emploi jeune d’aide-éducateur dans le secteur d’Orgeval, un quartier difficile de Reims, pour faire ses premiers pas dans l’animation sportive et socioculturelle.

« On espérait une rentrée calme ; elle risque de ne pas l’être », suppute celui
qui attend les prochains décrets pour être fixé.   Photo DNA /Franck KOBI

Bien lui en a pris. Il passe son brevet d’État d’éducateur sportif à la fin des années 1990, enchaîne sur un contrat à la Ville de Reims, décroche son BEATEP (Brevet d‘État d’animateur technicien de l’éducation populaire et de la jeunesse)… «Le hasard des rencontres » le mène en 2002 à Saverne, où il est embauché comme animateur jeune au sein du RAJ (Réseau animation jeunes), association intercommunale affiliée au réseau des MJC. « À l’époque, j’étais le premier salarié. J’avais un tout petit bureau, une vieille Super 5 et un pseudo-téléphone portable et c’était tout ! » Petit à petit, il développe le service, jusqu’à en prendre la direction en 2006. Il ne la quittera qu’en 2019 , pour un court passage sous pandémie à l’Escale, le centre socioculturel de la Robertsau, en tant qu’adjoint d’Asmae Aïnouss et référent pour le QPV de la cité de l’Ill. Une expérience un rien frustrante, la situation sanitaire ayant réduit les actions prévues, rattrapées par la gestion d’urgence, à la portion congrue. À terme, l’objectif était de « prendre une direction de centre ». C’est dans cette optique que Fabien Urbes passe son DESJEPS (Diplôme d‘État de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport). Quand il apprend par le réseau qu’un poste se libère à l’ARES, il postule, « à tout hasard et sans aucune pression ». Et à sa grande surprise, c’est lui, avec sa petite boucle à l’oreille – comme Marc Philibert à son arrivée, il y a 20 ans ! – qui est retenu, parmi pléthore de candidats.

Les inscriptions décalées à fin août

Aujourd’hui, le brasseur amateur et sportif aguerri, fan de trail, de vélo et… de rugby (comme son prédécesseur), se sent à la fois « fier » de travailler à l’ARES et « conscient de la responsabilité qui [lui] incombe ». D’autant que le contexte est une fois encore tout sauf simple. « On espérait une rentrée calme ; elle risque de ne pas l’être », suppute celui qui attend les prochains décrets pour être fixé. Dans le doute, l’ARES a pris la décision de décaler exceptionnellement les inscriptions pour la saison à venir à fin août (à partir du 23, pour un démarrage des activités décalé au 20 septembre). On peut cependant depuis lundi dernier prendre rendez-vous en ligne. « Les premières 24 heures, 180 rendez-vous ont déjà été fixés ! » note Fabien Urbes, confiant.

Continuer à expérimenter

Pour le reste, le nouveau directeur profite de l’été pour prendre ses marques et faire le tour des partenaires. « L’ARES continuera à impliquer les habitants du quartier et à répondre à leurs besoins . Mais aussi à revendiquer une posture novatrice, voire expérimentale, sur les actions et projets qu’elle mène ». À ce titre, il s’inscrit « dans la lignée » de son prédécesseur et de l’histoire de la structure, mais sait aussi que les enseignements de la pandémie conduiront à des ajustements et des réorientations, d’autant qu’il faudra bientôt s’atteler à l’écriture du nouveau projet social.

Activités hors les murs, problématiques liées à l’insertion et à la citoyenneté, questions de gouvernance, accueil du handicap et des seniors, animation de La Parenthèse, le nouveau local de l’ARES au cœur de la cité Spach… Autant de pistes à explorer. Une mission qui s’annonce passionnante, autant qu’exténuante. « C’est un peu stressant, mais aussi très stimulant et après tout, c’est ce que je cherchais », conclut Fabien Urbes.

Laurine Roux

il y a environ un mois

Merci cher Fabien Urbes, pour ton temps précieux et nos échanges forts intéressants au sujet de l’#Esplanade et de ses habitants!

De beaux projets à mener en plaçant toujours l’humain au centre de nos préoccupations ainsi que le travail de terrain plus qu’essentiel ! Bon courage dans tes nouvelles fonctions de Directeur de l’ARES, association qui au passage fait un travail formidable 

© Dernières Nouvelles d’Alsace, mardi 3 août 2021. – Tous droits de reproduction réservés